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Liga : la Casa Blanca vacille
Une deuxième saison blanche, des stars déconnectées, un vestiaire qui a implosé, un président absent, des bagarres à répétition, un stade au rendement financier négatif et un nouveau Clasico perdu (0-2) dimanche soir. Le Real Madrid est en perdition totale. Pourtant, il faut reconstruire sur cette terre brûlée, et vite.
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Les erreurs du passé ressurgissent
Qu’il semble loin le 1er juin 2024, soir du 15e sacre du Real Madrid en Ligue des champions face au Borussia Dortmund (2-0). C’était alors la deuxième Champions League de Carlo Ancelotti en trois ans, portée par un duo Vinicius-Bellingham présent sur le podium du Ballon d’Or en fin de saison. Alors que tout semblait réuni pour pérenniser cette domination européenne, Florentino Pérez a réitéré les mêmes erreurs que lors de son premier mandat dans les années 2000.
À l’époque, Pérez avait laissé partir Claude Makélélé, pilier de l’entrejeu madrilène, sans jamais le remplacer. Il préférait investir sur des stars « marketing » comme David Beckham. Ce penchant pour le prestige semble toujours habiter l’esprit du président madrilène qui n’a pas compensé le départ de la légende Toni Kroos. Parti en retraite après le sacre de 2024, l’Allemand était pourtant l’élément essentiel du collectif grâce à son charisme et sa vision de jeu unique. Au lieu d’installer un nouveau cerveau au milieu, Florentino Pérez a préféré réaliser son fantasme ultime en attirant Kylian Mbappé sous la tunique blanche du Santiago Bernabéu. Un choix qui s’avère catastrophique deux saisons plus tard.
Une nouvelle ère galactique incohérente
Assembler trop de stars dans une même équipe est rarement un gage de succès et Florentino Pérez le sait pertinemment. Il avait déjà réuni Zinédine Zidane, Ronaldo, David Beckham et Luís Figo de 2003 à 2005 pour un bilan famélique en titres majeurs. Juste avant de rejoindre le Real Madrid à l’été 2024, Kylian Mbappé était associé à Neymar et Leo Messi durant deux saisons au PSG. Force est de constater que la « MNM » n’a rien produit sur la scène européenne. Malgré cela, le club merengue voulait absolument Mbappé, d’autant plus qu’il était libre après son bras de fer avec Paris. L’opportunité paraissait immanquable.
En mai 2026, la cohabitation entre Vinicius Jr, Jude Bellingham et le capitaine des Bleus est devenue impossible. Faire jouer trois egos de cette dimension sans en frustrer aucun est irréaliste. Carlo Ancelotti a essayé et il a échoué. Xabi Alonso et Álvaro Arbeloa ont connu le même sort. Vinicius et Bellingham n’ont sans doute pas apprécié de voir Mbappé capter toute la lumière avec un salaire bien supérieur au leur alors qu’ils venaient de remporter la Ligue des champions. L’arrivée d’un personnage aussi clivant a fait voler en éclat un vestiaire soudé et a déséquilibré le jeu madrilène.
Le Français exige de jouer dans l’axe mais il empiète en permanence sur la zone de Vinicius côté gauche. Il surcharge cette aile en plus de décrocher dans le cœur du jeu sans apporter de valeur ajoutée. C’est un joueur qui marque, certes, mais qui pénalise le collectif par son absence d’efforts défensifs, son manque de pressing et de créativité. Le football a changé et l’ère des équipes portées par une seule individualité est révolue. Les projets dominants sont aujourd’hui bâtis autour d’entraîneurs puissants comme Luis Enrique au PSG, Mikel Arteta à Arsenal, Vincent Kompany au Bayern ou Pep Guardiola à Manchester City. Au Paris Saint-Germain, Luis Enrique a d’ailleurs magnifié un collectif fabuleux une fois Mbappé parti. Le contraste est saisissant car avant l’arrivée du Bondynois, le Real venait de gagner deux C1 en trois ans. Depuis, c’est le néant.
Un vestiaire fracturé
Le vestiaire du Real Madrid est désormais scindé en plusieurs clans. La jalousie règne entre les stars et l’ambiance est délétère. Certains postent des story(s) énigmatiques quand d’autres partent en vacances en pleine saison ou se contentent de marcher sur le terrain durant le Clasico. La semaine dernière, Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde en sont venus aux mains. L’Uruguayen est tombé sur une table, ce qui a nécessité son transfert à l’hôpital. Il est désormais absent une quinzaine de jours pour un traumatisme crânien. La presse espagnole rapporte aussi une altercation entre Antonio Rüdiger et Álvaro Carreras, ainsi que des tensions persistantes entre Vinicius et Mbappé. Bellingham, lui, ne supporterait plus l’ancien Parisien. Toujours selon la presse ibérique, certains joueurs Espagnols surnommeraient Álvaro Arbeloa de plot. Voilà le climat qui règne à Valdebebas, du jamais-vu au 21e siècle.
Une institution en décrépitude
Autrefois, le Real Madrid était l’exemple ultime de la grande institution européenne. Aujourd’hui, Florentino Pérez semble dépassé par ses propres joueurs. La république des joueurs a pris le dessus et a déjà coûté sa place à Xabi Alonso. Certains cadres seront sans doute vendus sous la pression des socios mais cette équipe semble impossible à gérer.
Des légendes comme Toni Kroos réclament le retour de l’autorité à Madrid. Cela tombe bien puisque José Mourinho devrait faire son retour sur le banc merengue. L’actuel coach de Benfica négocierait les pleins pouvoirs selon la presse madrilène. Ce serait le retour d’une icône connue pour sa main de fer, mais cela suffira-t-il à redresser la Maison Blanche ? Rien n’est moins sûr. Il faudra recruter intelligemment et sacrifier certaines stars, mais les finances sont contraintes. La masse salariale est colossale et le club ne peut plus compter sur les revenus prévus du nouveau Bernabéu. Les concerts et événements y sont annulés suite aux plaintes des riverains pour nuisances sonores. « The Special One » fait face à une montagne. C’est l’occasion pour lui de relancer une carrière déclinante avec un défi immense : rebâtir sur des cendres au sein du plus grand club de l’histoire.
