Connect with us

Actu Foot

France : Les choses sérieuses commencent !

Publié

le

Equipe de France

C’est peut-être un bon signe : l’équipe de France a réalisé une phase de poules parfaite sur le plan comptable avec 3 victories et un 9/9. La dernière fois, c’était en 1998. Les Bleus sont incontestablement l’ogre de ce Mondial grâce à une armada terriblement dévastatrice, mais cette équipe a toujours de grosses failles défensives, un déséquilibre assumé avant de croiser le fer avec la Suède ce soir (23 h) à New York.

Le virage offensif de Deschamps

Depuis la fin du piteux Euro 2024 en Allemagne, où la France n’avait rien développé, Didier Deschamps a opéré un virage philosophique radical porté vers l’offensive, signe d’un tacticien pas si dogmatique qu’on pourrait le penser. Arrivé sur le banc tricolore en 2012, DD a habitué les Français à un football assez ennuyeux mais solide défensivement et très performant dans les tournois majeurs, avec une finale à l’Euro 2016, un sacre planétaire en 2018, une deuxième finale au Mondial en 2022 et un dernier carré atteint au dernier Euro.

Le sélectionneur a souvent été critiqué pour le manque de spectacle dans son jeu, et particulièrement à l’Euro 2024 où les Bleus n’avaient marqué qu’un seul petit but dans le jeu. Deschamps a donc décidé de se tourner à fond vers l’attaque, mais il s’est surtout adapté au réservoir offensif fabuleux dont il dispose avec Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Bradley Barcola et les arrivées de Michael Olise, Désiré Doué et Rayan Cherki depuis deux ans.

C’est donc terminé les 4-2-3-1 avec un milieu à la Matuidi sur le côté gauche ou encore les 4-3-3 bien solides et peu créatifs. Place désormais à un 4-2-3-1 très offensif doté des « 3 Fantastiques » (Mbappé-Dembélé-Olise), plus Désiré Doué ou Bradley Barcola pour les accompagner, sans oublier le rôle offensif de Théo Hernandez sur le flanc gauche. Un système spectaculaire avec la certitude de scorer, mais aussi d’encaisser, car défensivement, il présente de larges failles. Un déséquilibre assumé par le staff des Bleus, mais permettra-t-il d’aller accrocher une troisième étoile ?

La meilleure attaque du tournoi

Le monde entier le savait déjà avant le début du Mondial : la France est armée jusqu’aux dents et peut causer des dégâts considérables à n’importe quelle équipe. Didier Deschamps a toujours eu de bonnes équipes, mais jamais une telle armada avec le Ballon d’Or en titre Ousmane Dembélé, le meilleur buteur de la Liga Kylian Mbappé, le meilleur passeur européen Michael Olise, les doubles champions d’Europe parisiens Désiré Doué et Bradley Barcola, le Cityzen Rayan Cherki, en plus du prometteur Monégasque Maghnes Akliouche et des buteurs expérimentés que sont Marcus Thuram et Jean-Philippe Mateta.

À l’issue des phases de poules, l’équipe de France a déjà marqué 10 buts en 3 matchs, signe d’un monstre à deux têtes en feu car 80 % ont été marqués par Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé. C’est bien simple, derrière la cadence infernale imposée par l’ovni Leo Messi, déjà à 6 buts en 3 matchs, seul Erling Haaland (5) talonne l’Argentin d’un cheveu, tandis que Mbappé (4), Dembélé (4) et Vinícius Jr (4) suivent de près l’octuple Ballon d’Or avec 2 buts de retard.

Le réveil fracassant de Dembélé

Le Ballon d’Or parisien et le Pichichi merengue sont tous les deux sur le podium. Si c’était attendu pour le capitaine des Bleus, ça ne l’était pas forensics pour son numéro 7, en difficulté face au Sénégal mais buteur contre l’Irak et métamorphosé face à la Norvège avec un triplé monstrueux en 32 minutes. Dembélé retrouve le niveau stratosphérique qu’il a sous Luis Enrique dans la capitale lors des grandes échéances.

Critiqué régulièrement sous le maillot bleu, « Dembouz » avait à cœur de faire fermer des bouches en prouvant son statut de meilleur joueur de la planète, et il l’a fait de manière fracassante à Boston vendredi dernier. Il rejoint le cercle ultra-fermé des Français ayant inscrit un triplé en Coupe du Monde avec Just Fontaine (1958) et Kylian Mbappé (2022).

Olise, le maestro

Si l’ancien Barcelonais et l’ancien Monégasque flambent sur la côte Est américaine, le maître à jouer de l’équipe de France reste Bavarois. Michael Olise n’a pas encore trouvé le chemin des filets, mais il confirme son statut de meilleur distributeur du circuit mondial en étant sur le podium des passeurs du tournoi avec 3 passes décisives, juste derrière Bruno Guimarães (4) et accompagné d’Alexander Isak (3). L’énigmatique virtuose des Bleus peut donc viser le record de passes décisives sur une seule édition appartenant au Roi Pelé, qui avait délivré 6 passes décisives lors du Mondial 1970. Pour celui de meilleur passeur de l’histoire de la Coupe du monde, il sera difficile d’aller chercher Leo Messi et ses 8 passes décisives, mais après tout, pourquoi pas ?

En plus de l’effet statistique, Olise rayonne. Il est le baromètre des Bleus en plus d’être leur maestro. Quand l’ancien ailier de Crystal Palace hausse son niveau, c’est toute son équipe qui en ressent l’influence, et les connexions qu’il a avec Mbappé et Dembélé sont assez folles pour donner le tournis à n’importe quelle défense ; l’Irak peut en témoigner sur les 20 premières minutes de la seconde période du trio diabolique, notamment.

La France a un avantage immense avec ce trio terrifiant : même si une des trois étoiles brille moins que les deux autres, celles-ci sauront hausse leur niveau de jeu. Face aux Lions de la Téranga, Dembélé était en difficulté mais Olise était stellaire et Mbappé très clutch. Face à la Norvège, Olise était un peu moins en vue, mais ça n’a pas empêché Dembélé de planter 3 fois sur 2 services de Mbappé. À cet arc aux 3 flèches déjà très dangereuses, il faut en ajouter deux autres, parisiennes, avec les débordements de Barcola et les dribbles de Doué, les deux attaquants du PSG ayant déjà marqué eux aussi.

Défensivement, attention (vraiment)

Le secteur offensif des Bleus terrifie le reste du plateau et fait rêver les Français, mais le secteur défensif tricolore, lui, ne fait rêver absolument personne. C’est même le contraire. Certes, la charnière Upamecano-Saliba est sans doute l’une des meilleures de cette CDM, le défenseur du Bayern est excellent depuis le début du Mondial, mais il a montré une absence de concentration lunaire sur le but norvégien, et celui d’Arsenal est malheureusement handicapé régulièrement par son dos depuis plusieurs semaines.

Les solutions de repli sont assez limitées avec Maxence Lacroix, très bon sous le maillot bleu mais inexpérimenté dans un tournoi majeur international. Et si Ibrahima Konaté a cette expérience, le néo-Madrilène sort d’une saison très difficile du côté de Liverpool et connaît un déclassement en sélection.

Le chantier des latéraux

Mais le plus inquiétant n’est pas le niveau des défenseurs centraux, mais toujours le même : celui des latéraux. Jules Koundé et Théo Hernandez sont en grande difficulté, quel que soit l’adversaire. Le joueur d’Al-Hilal a été humilié par Ibrahim Mbaye lors du premier match sur le but sénégalais ; il a été mis au supplice par Oscar Bobb lors du troisième match et s’est rendu coupable d’une faute extrêmement naïve sur l’ailier norvégien. Le résultat ? Un penalty offert gratuitement (heureusement arrêté par Mike Maignan). Dans le jeu, l’ancien Milanais est lourd, il a perdu l’explosivité qu’on lui connaissait et semble très loin du niveau physique demandé pour jouer un Mondial.

Didier Deschamps devrait donc faire débuter Lucas Digne face à la Suède. Le latéral d’Aston Villa n’a pas été éblouissant contre l’Irak, mais semble bien plus convaincant. À gauche, la France a donc un gros problème, mais à droite ce n’est pas mieux. Jules Koundé est dans la continuité de sa mauvaise saison au Barça : il n’apporte quasiment rien offensivement, commet des fautes techniques et se fait déborder. L’ancien Sévillan a une doublure, Malo Gusto, mais le joueur de Chelsea pourrait rendre encore plus offensif le système de Deschamps et le déséquilibrer davantage. Si l’ancien Lyonnais est très bon offensivement et pourrait très bien dédoubler avec Dembélé ou Olise, il n’apporte pas suffisamment de garanties défensivement.

Les Bleus sont grandement favoris face à la Suède, mais il faudra se méfier de Viktor Gyökeres, Alexander Isak et Anthony Elanga : la triplette scandinave est en forme depuis le début du Mondial. La France devrait s’en sortir, mais ce serait tout sauf une surprise de voir les Bleus encaisser un ou deux buts ce soir à New York.

Plutôt Tchouaméni ou Koné ?

C’est un dilemme important et difficile à trancher pour le staff de l’équipe de France. Une certitude tout de même : au fil des années, Adrien Rabiot est devenu un cadre indéboulonnable des Bleus, donc il sera titulaire. Mais qui pour l’accompagner ? C’est toute la question.

Aurélien Tchouaméni part avec une longueur d’avance, car il est le titulaire habituel de ce double pivot formé avec le joueur milanais et qu’il est très souvent performant avec les Bleus. En plus de cela, le Madrilène est un cadre du vestiaire, respecté et apprécié. Le milieu formé à Bordeaux est sans doute aussi plus solide et fiable sur l’aspect défensif que son compère romain, une donnée importante dans ce dispositif résolument offensif.

Aurélien Tchouaméni devrait donc être logiquement titulaire, mais Manu Koné montre vraiment de belles choses cette saison sous le maillot bleu. Il n’a jamais déçu et se montre très intéressant depuis le début de cette Coupe du monde. Le milieu de la Roma a été au niveau face à l’Irak ou la Norvège, moins solide défensivement que Tchouaméni mais plus créateur dans le jeu, plus fin avec le ballon. L’ancien joueur de Mönchengladbach fluidifie les circuits et peut se montrer précieux pour casser les lignes avec des passes en profondeur, parfois lobées. Manu Koné est très complémentaire de Tchouaméni et on l’a vu lors du dernier match, mais il paraît difficilement imaginable de voir Adrien Rabiot sur le banc. À Didier Deschamps de trancher.

Dernière donnée : sur tous les seizièmes de finale disputés depuis dimanche, le dénouement ne s’est jamais fait avant la 85e minute. Aux Bleus de régler l’affaire avant.

Continuer à lire

Copyright © Topfoot.com